Anus artificiel

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La pose d'un anus artificiel constitue un choix de traitement du cancer colorectal qui n'intervient qu'en dernier recours. D'autres options sont examinées avant : l'opération du côlon, la chimiothérapie ou la radiothérapie. Le traitement du cancer du rectum est, quant à lui, à part.

L'intérêt de poser un anus artificiel

Suite à une opération du côlon ou du rectum, il est parfois nécessaire (dans 30 % des cas) de poser un anus artificiel (ou stomie) pour que le patient puisse évacuer ses selles. Concrètement, il s'agit d'un système de dérivation consistant à relier le côlon à une poche placée à l'extérieur, collée sur le ventre. Il peut s'agir d'un dispositif temporaire (colostomie temporaire) ou définitif (colostomie définitive).

En France, ce système concerne environ 16 000 personnes chaque année et est particulièrement lié au traitement du cancer du rectum.

Bon à savoir : les patients dont le cancer affecte le tiers inférieur du rectum ont plus souvent besoin d'un anus artificiel que les autres.

Colostomie temporaire

Selon l'avis du chirurgien, l'anus artificiel (colostomie) peut se révéler utile, suite à une opération du côlon, pour laisser le côlon au repos afin qu'il cicatrise correctement. En effet, l'acte chirurgical provoque une inflammation et les difficultés de cicatrisation peuvent parfois être importantes :

  • On réalise dans ce cas une colostomie temporaire en reliant la partie saine du côlon à un anus artificiel de façon à laisser à la partie opérée le temps de se rétablir correctement.
  • Au bout de 6 semaine à 3 mois, une nouvelle intervention sera réalisée afin de refermer la stomie et de relier le côlon à l'anus de façon normale.

Colostomie définitive

Une colostomie définitive est nécessaire si le cancer du côlon a atteint le sphincter anal et que celui-ci a dû être retiré chirurgicalement. La colostomie permettra alors au patient, malgré l'absence de sphincter anal, de recueillir les selles et les gaz au niveau du ventre.

À noter : si la colostomie est faite au tout début du côlon, les selles seront liquides puisque c'est le côlon qui permet habituellement leur solidification.

Aspect de l'anus artificiel

L'anus artificiel se compose et se caractérise de la manière suivante :

  • Il s'agit d'une ouverture de forme ronde (initialement enflée, puis plus petite au bout de 2 mois) réalisée au niveau de la peau de l'abdomen.
  • L'intestin est rattaché à cette ouverture et les selles sont évacuées dans une poche spéciale placée au niveau de l'ouverture. La poche peut être soit opaque, soit transparente. Elle peut également être à usage unique (préférable si les selles sont solides) ou lavable (intéressant avec les selles liquides, car elle peut être vidée régulièrement).
  • L'emplacement de la poche se fait à droite ou à gauche, en bas ou en haut de l'abdomen en fonction de la partie du côlon qui a été retirée. On tient également compte de la morphologie du patient et de ses habitudes de vie.
  • Deux systèmes de poches existent :
    • une poche rattachée à un système de protection à décoller et à changer une ou deux fois par jour et à jeter après chaque utilisation ;
    • une poche à changer une ou deux fois par jour reliée à un support protecteur qui, lui, reste en place pendant plusieurs jours.
  • Les anus artificiels ne posent pas de problèmes d'odeurs, car les poches sont équipées d'un filtre à charbon qui les neutralise.
  • Cette zone est indolore, mais elle est susceptible de saigner car elle est entourée de vaisseaux sanguins.

Prise en charge spécifique

Les personnes qui vont être équipées d'un anus artificiel (« stomisées ») font l'objet d'une prise en charge spéciale. Un professionnel de santé spécialisé va les accompagner avant et après l'opération. Ces infirmiers ou infirmières stomathérapeutes disposent parfois de cabinets en ville, mais ils travaillent en collaboration avec les services hospitaliers.

Avant l'opération

Avant la pose :

  • Le stomathérapeute et le chirurgien vont rencontrer le patient et ses proches afin de leur expliquer le déroulement de l'opération et son objectif. La discussion avec le patient vise à l'informer, à répondre à ses questions et à le rassurer.
  • Il faudra aussi déterminer où sera placé l'anus artificiel. L'endroit est déterminé de façon à rester visible pour le patient quelle que soit sa position (debout, assis ou couché).
  • Il faut également choisir le système le plus adapté (en terme de taille et de forme). Parfois, le choix se fera après l'intervention de façon à réaliser des essais.

Après l'opération

Une fois la pose effectuée :

  • Le patient devra apprendre à se servir de son appareillage. Il lui faudra s'exercer à changer la poche et à faire sa toilette. Le but pour l'équipe soignante est de rendre le patient autonome le plus rapidement possible.
  • Il faut aussi l'aider à accepter psychologiquement son anus artificiel, ce qui n'est pas toujours facile. Pour cela, une écoute peut être trouvée auprès des forums du cancer du côlon.
  • De plus, une consultation avec une diététicienne est prévue pour aider le patient à adapter son alimentation. Toutefois, aucun régime particulier n'est nécessaire.

Par la suite, dans les semaines et mois qui suivent, le stomathérapeute reste joignable pour que le patient puisse évoquer les éventuels problèmes rencontrés, qu'ils soient d'ordre psychologique, physique et/ou pratique.

Bon à savoir : les sports non-violents, les voyages, la baignade sont possibles ; en revanche, il est déconseillé de porter de lourdes charges (la stomie fragilise la paroi abdominale).

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